POUR PÂQUES OU À LA TRINITA
Titre original: Il Vangelo secondo Simone e Matteo
Un film italien de Giuliano CARNIMEO (1975)
Avec: Paul L. Smith, Michael Coby, Dominic Barto, Jacques Herlin
"Jeu de mots !", aurait dit feu Maître Capello avec ce titre de film qui fait référence à l'expression un peu tombée en désuétude "A Pâques ou à la Trinité".
Evidemment, il est inutile de chercher dans le Film d'aujourd'hui le personnage de Trinita, immortalisé par Terence Hill dans On l'appelle Trinita (E.B. Clucher, 1970) et On continue
à l'appeler Trinita (E.B. Clucher, 1971). En mettant Trinita à toutes les sauces, les distributeurs français de westerns-spaghettis, nous l'avons déjà dit, espéraient attirer les foules en
masse et profiter du phénoménal succès remporté en salles par les deux films précités (voir Même à l'ombre, le soleil leur a
tapé sur la tête).
Les faux Terence Hill et Bud Spencer à l'oeuvre dans Pour Pâques ou à la Trinita !
(image: asso.machiavelli.free.fr)
Avec Pour Pâques ou à la Trinita, les distributeurs font encore plus fort. Non seulement il ne s'agit pas d'un western-spaghetti, mais, en plus, Terence
Hill et Bud Spencer manquent à l'appel ! Le spectateur à la vue basse peut toutefois s'y méprendre car les deux acteurs principaux de ce long métrage (Michael Coby et Paul Smith), comme on peut
le voir sur l'affiche, sont dotés d'une vague ressemblance avec le blond aux yeux bleus et le gros barbu, une ressemblance évidemment voulue. Si ça, c'est pas un tour de vieux grigou !
Le vieux grigou en question, c'est le réalisateur italien Giuliano Carnimeo, né en 1932 et surtout connu pour des westerns-spaghettis assez réussis qu'il signa sous
le pseudonyme d'Anthony Ascott. Parmi ceux-ci, citons Le moment de tuer (1968) avec l'acteur d'origine uruguayenne George Hilton, et Ringo cherche une place pour mourir (1968)
avec l'américain Jeffrey Hunter (déjà rencontré
chez John Ford) et la française Pascale Petit.

Jeffrey Hunter et Pascale Petit dans Ringo cherche une place pour mourir (Ascott, 1968)
(image: www.thewildeye.co.uk)
C'est toutefois avec les aventures de Sartana (voir Sartana, si ton bras gauche te gêne,
coupe-le !) que Giuliano Carnimeo s'imposera vraiment comme un bon faiseur de westerns à l'italienne. Gianni Garko jouera par trois fois Sartana devant la caméra de Carnimeo : on
retrouvera l'acteur d'origine yougoslave dans Le fossoyeur (1969), Bonnes funérailles, ami, Sartana paiera (1970) et Une trainée de poudre, les pistoleros arrivent
(1970). George Hilton, quant à lui, revêtira le costume noir de Sartana dans un film intitulé "intelligemment" Django arrive, préparez vos cercueils (1970) toujours du même Carnimeo. Ce
dernier fera à nouveau appel à Gianni Garko dans Quand les colts fument, on l'appelle Cimetière (1971) et On l'appelle Spirito Santo (1972), puis reprendra George Hilton (c'est
beau la fidélité !) dans On m'appelle Alléluia (1972) et Alléluia défie l'Ouest (1972), westerns qui versent déjà dans le comique un peu lourdingue.
Gianni Garko incarne Sartana dans Le fossoyeur (Ascott, 1969)
(image: www.encyclocine.com)
Giuliano Carnimeo s'essaiera à d'autres genres, notamment le film d'aventures parodique avec le duo Michael Coby et Paul L. Smith, succédanés de Terence Hill et Bud
Spencer (Trinita, connais pas ! en 1975 et Pour Pâques ou à la Trinita donc, le giallo (Rendez-vous de Satan en 1972 avec Edwige Fenech et George Hilton), le mélodrame à connotation
érotique (J'aime un homme en 1974 avec, à nouveau, la torride Edwige Fenech), la sexy-comédie (La championne du collège en 1979 avec Nadia Cassini et les éternels Lino Banfi et
Alvaro Vitali, Les péquenots/Une fille vachement sympa en 1980 avec Nadia Cassini encore, La vamp du bahut en 1981 avec Carmen Russo), les sous-Mad Max craignos (Les
exterminateurs de l'an 3000 en 1983) et le film d'horreur miteux (Ratman en 1988, où le vilain s'avère un croquignolesque homme-rat nain !).
Les premières minutes des Rendez-vous de Satan (Carnimeo, 1972)
Pour Pâques ou à la Trinita, l'histoire : Deux petits aventuriers fuient en Amazonie les dettes et la
police. Là, ils sont sollicités par un trafiquant pour convoyer des diamants en Europe. Les voilà lancés dans une aventure palpitante, je ne vous dis que ça ! Mais, au fait, où c'est qu'il est
Trinita ? Hi hi hi !
Paul Smith et Michael Coby dans Si ce n'est toi, c'est donc ton frère (Baldi, 1974)
(image: cinema.de)
Paul S. Smith, qui joue ici un Bud Spencer du pauvre, est né en 1939. De son vrai nom Anam Eden et d'origine israélienne, il débuta sur grand écran avec un rôle non
crédité dans Exodus (1960), l'épopée signée Otto Preminger avec Paul Newman et Eva Marie-Saint en vedettes. Dans les années 70, on le repère dans des westerns-spaghettis comme Mon
nom est Trinita (c'est une manie décidément !) (Baldi, 1973), Si ce n'est toi, c'est donc ton frère (Baldi, 1974) et Trinita, nous voilà ! (ah non, y'en a marre !)
(Parolini, alias Kramer, 1975), trois films où il est acoquiné avec Michael Coby qui, lui, s'est fait la trombine de Terence Hill. Né en 1943, Michael Coby, de son vrai nom Antonio Cantafora,
s'était déjà fait repérer, tout seul comme un grand, dans un bon western-spaghetti (Et le vent apporta la violence, Margheriti, alias Dawson, 1969) et dans un joyau du décamérotique
(Ton diable dans mon enfer, Albertini, 1973).
Autre "Trinita" pour le tandem Coby-Smith
(image: www.encyclocine.com)
Après 1975, les chemins des deux hommes se sépareront. On retrouvera Paul S. Smith, ceinture noire en taekwondo quand même, dans un sous Bruce Lee (Le Tigre
sort ses griffes, J. Shaw, 1976, avec Bruce... Li... eh oui...) et dans le célèbre Midnight Express (Parker, 1978) où il joue l'ordure qui fait office de gardien-chef de prison
turque et qui se fait tuer à la fin par le "héros" (Brad Davis). C'est Paul Smith qui, par ailleurs, interprète le personnage de Brutus dans Popeye (Altman, 1980) aux côtés de Robin
Williams/Popeye et Shelley Duvall/Olive. Paul Smith est également aux génériques de films plus ou moins célèbres comme Le sadique à la tronçonneuse (Piquer-Simon, 1982), Les
guerriers de la jungle (Von Theumer, 1983) avec la fabuleuse Sybil Danning, Dune (Lynch, 1984) (il est le neveu du baron Harkonnen), Le retour du Chinois (Glickenhaus, 1985) avec Jackie Chan, Kalidor, la
légende du talisman (Fleischer, 1985) (en faire-valoir comique de Schwarzy), Mort sur le gril (Raimi, 1985), Nuit de noces chez les fantômes (G. Wilder, 1986), SAS
l'oeil de la veuve (McLaglen, 1989) ou bien encore Maverick (Donner, 1994), où il côtoie Jodie Foster et Mel Gibson.
Paul Smith face à Mel Gibson dans Maverick (Donner, 1994)
(image: www.hotflick.net)
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